Quelle que soit notre origine sociale, notre sexe, notre âge, etc… Nous avons vécu plusieurs situations conflictuelles (en tant que « témoin », « victime », ou « agresseur »). Selon le passé et les valeurs de chacun, les réactions divergeront face au conflit.

Dans des parties de Jeu, on peut retrouver des situations conflictuelles et généralement au sein de la famille. Les raisons sont variées : je suis toujours en équipe avec le même parent, je perds toujours, je joue toujours aux jeux que je n’aime pas. Rassurez-vous, le Jeu peut être un médiateur en cas de conflit.

Qu’est-ce qu’un conflit ?

Aucun conflit n’est identique. Plusieurs personnes peuvent ne pas être d’accord les unes avec les autres sans forcément être en conflit. Ceux sont les tensions qui engendrent une situation conflictuelle. Il démarre quand une personne (ou un groupe) tente d’affirmer son positionnement face à un sujet sans prendre en compte l’avis des autres.

Le conflit est donc un affrontement entre deux personnes ou un ensemble de personnes sur une divergence d’idées, d’opinions. Il existe différentes typologies de conflit :

  • Conflit émotionnel : Il se manifeste par des sentiments de colère, de rancune, de crainte, etc. L’émotion prend le dessus sur la raison. Par exemple, un jeune enfant qui est, en pleine partie, perd. Il va avoir une crise de larmes et tant qu’il pleure, c’est impossible de le raisonner.

  • Conflit constructif : Ce conflit est positif pour chacune des parties. Il s’agit plus d’une discussion sur des points opposés où tout le monde expose son point de vue pour faire avancer le problème. Pour le jeu de société Profiler, 6 personnages sont placés au centre de la table. Un joueur pioche une proposition et choisit secrètement un personnage. Les autres joueurs devront se mettre d’accord pour le personnage qui lui correspond le plus. Par exemple, la proposition piochée est « le plus fort au Twister », il faudra choisir, de manière coopérative, entre Superman, Rihanna ou encore Picsou.
  • Conflit de fond : Il s’agit d’une opposition sur les moyens et les objectifs visés au préalable. Prenons le célèbre jeu de cartes « Uno », tout le monde a une règle différente. Quand on commence une partie sans se mettre d’accord sur les règles du jeu, on risque fort de vite se retrouver en conflit. Pourquoi ? Selon les joueurs, les règles du jeu divergent.
Jeu de cartes « Uno »

La règle officielle dit que, quand un joueur pose une carte +2, le suivant doit piocher 2 cartes et passer son tour. Pour le Super Joker (+4), le principe reste similaire sauf qu’on pioche 4 cartes. La carte 0 est juste un chiffre : il ne faut pas échanger son paquet de cartes avec les autres. Cette carte est identique aux cartes « 1 », « 2 », etc. Combien de personnes ont un avis différent sur la façon de jouer, parce que la règle n’a finalement pas été lue, mais apprise par quelqu’un qui ne l’avait pas lue non plus, etc…

La règle du jeu sert d’arbitre pour les joueurs. Elle ne peut être contestée. L’auteur l’a créée, ce n’est pas pour rien. On se doit de la respecter. C’est un peu comme quand un parent installe une règle dans la maison.. 😉

Les styles de gestion et les modes de comportement

La gestion d’un conflit diverge selon les personnes et de sa typologie. Il est chargé d’émotions telles que la colère, le dégoût, la rancune, etc.

  • Évitement / Fuite : Les personnes utilisant ce style auront tendance à prendre la fuite pour éviter toute forme de confrontation. Ils accepteront une solution que cela leur plaise ou non, au détriment de leurs ressentis (qui n’auront pas été évoqués). Pour reprendre l’exemple du jeu Profiler, un joueur ayant ce comportement acceptera la proposition des autres, même s’il avait un avis différent. Et son avis pourrait être parfois déterminant, ou pertinent. C’est un comportement à observer et à repérer car ce la traduit souvent un manque de confiance en soi qu’il faut enrayer. Il faut donc encourager la prise de position du joueur ! Les jeux de langage provoquent souvent ces échanges, et on repère facilement les enfants qui s’effacent et jouent la fuite.

  • Accommodement : Pendant un conflit, ce comportement est d’observer en écoutant activement la situation et d’analyser les réactions de chacun, pour finalement (parfois trop facilement) se rallier à la majorité. Ces personnes se remettent régulièrement en question. A la différence de l’exemple précédent dans l’évitement, c’est le manque d’affirmation de soi. Ici, le joueur se serait exprimé, aurait eu le courage de donner son avis même si ce n’est pas celui des autres, mais aurait plié devant des joueurs plus sûrs d’eux. Et ça lui va bien comme ça, car il a éviter la discussion, qui pour lui peut être un conflit potentiel. Les jeux de langage aident à développer cette notion d’assurance dans l’argumentation ; les jeux de bluff également où il faut souvent convaincre pour ne pas se faire démasquer (Jeu des Loup-garous, Nosferatu, Avalon, Complots…)

  • Collaboration : Les utilisateurs de ce style de comportement expliqueront sans animosité leur point de vue sur la situation, sur ce qu’ils ressentent. Dans leurs paroles, ils vont être persuasifs pour que chacun ressortent gagnant du conflit. Quel bonheur de travailler avec des personnes comme ça en entreprise ! En Jeu, et ce sera en jeu coopératif, on verra aisément les comportements de ceux qui veulent imposer leur avis, ceux qui s’effacent, et ceux qui cherchent à construire ensemble.

Compétition : A l’inverse du style collaboratif, la compétition amènera à un gagnant et un perdant. Ils prendront le contrôle du conflit en prenant « le taureau par les cornes ». Que le meilleur gagne ! serait la phrase la plus adéquate. D’autres modes de compétitions plus agressives sont plus proches de « Il ne doit en rester qu’un ! », comme l’émission de télé réalité Koh-Lanta, ou le film Hunger Games. Bien des jeux de règles sont en mode compétitif. Les enfants aiment à y jouer, et pourtant détestent perdre. Mais perdre, ça s’apprend, et très jeune. Et avant de savoir perdre, il faut apprendre à gagner, pour comprendre ce que cela produit dans sa tête et dans son corps, et observer les comportements des autres, notamment des adultes.

En effet, un parent qui perd peut montrer les bonnes attitudes à avoir vers son enfant qui a gagné. On sait tous que nos enfants nous imitent ! Alors… Le parent peut aussi jouer l’auto-dérision pour montrer qu’on peut se moquer de soi-même, et que c’est bon pour cette fois-ci, pour cette partie là ; ce sera différent une prochaine fois. Il peut jouer la comédie en similant la colère, gentiment : « c’est pas juste », « je suis pas content », « je jouerai plus jamais avec toi »… Il y a fort à parier que notre jeune joueur gagnant ne reste pas sans voix devant cette pièce de théâtre… Je vous invite à faire le test, c’est très intéressant et riche d’enseignements.

En gros, nous avons vu que les comportements vis-à-vis du conflit peuvent être passifs, agressifs, assertifs (pertinents) ou manipulateurs. Quel que soit le comportement, il ne faut pas oublier que rien n’est immuable car notre caractère change, avec l’expérience et avec l’âge.

Résoudre le conflit en 5 étapes

Evidemment, chaque conflit peut se résoudre. Pour mener à bien la résolution, 5 étapes sont nécessaires. Vous pouvez les retenir grâce à la règle des 5 C.

  • Calmer le jeu : Sous l’effet de la colère, les personnes ne s’écouteront pas et regretteront certaines paroles. Il faudra calmer les esprits pour discuter dans de bonnes conditions.
  • Communiquer : Chacun échangera sur le problème du conflit en communiquant sans cris. Il vaut mieux dire « je ressens ça » au lieu de « tu es ceci ».
  • Chercher des solutions : Il faudra ensuite trouver un ensemble de solutions qui pourrait résoudre le conflit.
  • Choisir la meilleure solution : Par la suite, la solution la plus adaptée sera choisie et appliquée par tous et pour tous.
  • Cultiver la paix : La solution devra se pérenniser sur le long terme afin d’éviter de nouveaux conflits. La solution peut devenir une règle !

Jeux, un outil pour coopérer

Jeux d’interprétation

Peu importe le jeu coopératif, l’objectif reste le même : réussir tous ensemble une même mission.

Pour la description d’une image ou d’un mot, chacun a sa propre interprétation. Dixit et Concept sont deux jeux de société d’interprétation.

Pour le premier jeu, un joueur (le conteur) a une image. Il prononce un thème correspondant et dépose la carte face cachée. Les autres joueurs auront plusieurs cartes en main et choisiront celle qui se rapproche le plus possible de la thématique. Chaque carte choisie est dévoilée. Le but est de trouver la carte du conteur parmi toutes les cartes.

Pour le second, un joueur tire une carte et tentera de faire deviner son mot grâce à des « concepts ». Par exemple, si « Titanic » a été tiré, les cases (concepts) pourront être : film, maritime, amour, etc. Les autres joueurs feront plein de proposition, et le 1er à dire »Titanic » gagne 1 point.

Jeux de coopération

Effectivement, le Jeu permet de passer un moment agréable mais cela ne s’arrête pas là ! Les jeux coopératifs permettent, par un seul et même biais, de gagner le Jeu, une épreuve, etc. Pour gagner, il suffit de parler et de savoir-écouter.

Pour le bâton inuit, il faut deux joueurs. Chacun va mettre autour de sa taille la corde. Le but ? Réussir à enrouler la cordelette située au milieu du bâton, en créant ensemble un mouvement de balancier.

Pour le crayon coopératif, les participants devront dessiner ensemble. L’objectif ? Réussir à dessiner en communiquant et en collaborant.

Pour conclure, chaque conflit est unique. Il faut essayer de le résoudre calmement, ensemble et sur le long terme. On peut se servir du Jeu pour réapprendre à communiquer et écouter ses pairs. Notre slogan, « Jouer pour être bien » prend son sens ici partager un moment sans conflit. 🙂

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